TP3 de 1972 - Conduite


     
   

Visite de la cabine

Il faut déjà s'y hisser : poignées de montants de pare-brise et volant ne sont pas de trop… Comme dans le R2087, assis sur la roue avant, on domine la route, les voitures et même les camionnettes et petits poids lourds… La visibilité est excellente vers l'avant grâce au grand pare brise bombé. Elle est correcte vers l'arrière grâce aux grands rétroviseurs, mais le vitrage dépoli des grandes vitres de portes arrières interdit toute utilisation d'un rétro intérieur. Sur le côté droit, on ne voit rien !

Le siège conducteur est réglable en profondeur (glissière) et en inclinaison (dossier). Il est même chauffant, du fait de sa proximité avec le moteur… Le passager avant est moins gâté, sur un simple strapontin repliable sur le côté.

A Côté du R2087, la planche de bord du TP3 fait presque récente, avec son tableau de bord et ses commandes regroupées qui évoquent l'époque Renault 12…. Il y a même des signes de luxe : boîte à gants verrouillable et pare soleil passager ! Le tableau de bord réunit tachymètre, jauge à essence, jauges de température moteur et de pression d'huile et quelques voyants (contact, circuit de freinage, feux de route, clignotants…).

Planche de bord du TP3 - les fils débranchés sont les restes d'une installation radio.

Les commandes sont presque modernes, à l'exception du lave-glace (pompe à pied dans l'angle gauche du plancher cabine…). Rien à droite du volant, espace consacré au levier de vitesses : marche arrière en tirant vers le volant puis en l'abaissant vers soi, première vers l'avant et le haut, seconde symétrique, troisième vers l'avant en poussant vers le bas, quatrième en face, cinquième… je plaisante !). A gauche du volant, la commande des clignotants et, juste en dessous, celle des feux, codes et phares. Sur la gauche des cadrans, un bouton commande l'essuie glace à… une vitesse, un autre (installation récente !) les feux de détresse. Enfin, deux gros boutons blancs à tirer commandent, à gauche le giro-phare, à droite la sirène trois tons.

Commandes regroupées - Levier de vitesse au volant. Les boutons blancs sont les ajouts militaires (gyrophare et sirène).

Le starter se trouve… derrière le pied droit du conducteur, directement sur le bas du capot moteur. Le frein de parking est une robuste poignée située en bas et à droite du volant. Juste à côté, sous la planche de bord, le commutateur des feux de black-out.

Vue du plancher cabine. On distingue le starter en bas du capot moteur, près du levier de la boîte de transfert. La manette rouge est le coupe-circuit.

Il y a même un système de ventilation avec (paraît-il !) réglage air chaud / air froid : deux arrivées d'air situées juste sous la planche de bord apportent incontestablement de l'air frais. Deux arrivées de type trappes, situées au niveau des pieds, apportent plus contestablement de l'air chaud… Le ventilateur ne sert pas à augmenter le débit par ces buses mais au désembuage du pare brise par des arrivées d'air située à sa base. Mais c'est plus simple d'ouvrir les vitres ! D'origine sur les ambulances, et en option sur d'autres modèles, les TP3 étaient livrés avec un chauffage autonome (sur essence réservoir) situé sous le siège passager en cabine (Marque : Schneebelli Chabaud), avec buse d'air chaud au milieu du compartiment arrière.

Un bout d'essai…

Le starter aidant, et avec des batteries en bon état, le moteur démarre au quart de tour et tourne comme une horloge. Mais il vaut mieux le laisser chauffer quelques minutes à mi starter comme un bon vieux taxi, pour éviter de "l'étouffer" au premier appui sur l'accélérateur. La première est ultra courte et, dans un rugissement d'enfer, ne sert qu'à faire décoller l'engin sur quelques mètres (ou pour les pentes les plus fortes). Selon le PV des Mines de 1969, les quatre vitesses sont synchronisées, mais il vaut mieux considérer que la première ne l'est pas… Et savoir que le passage des autres se fait avec un petit temps d'arrêt au point mort qui permettrait un double débrayage s'il était nécessaire…

La boîte n'en est pas moins bien étagée, en tout cas adaptée au véhicule. La seconde est suffisamment courte pour démarrer directement sur le plat et amener l'engin à 30 km/h… La troisième, assez souple, pourra le tirer vers la vitesse effarante de 50 ou 60 km/h et, à partir de là, la quatrième prend le relais dans un sifflement de Boeing 747… Au-delà de 80, le bruit devient effrayant et, quand on approche les 90, on atteint un niveau qui a fait longtemps interdire le Concorde à New-York ! Ouvrir ou fermer les fenêtres n'y change rien : cela vient certes du moteur au grondement soutenu mais régulier, mais surtout d'une prise directe avec la chaussée et le roulement par tous les "pores" du véhicule : trappes batteries et boîte notamment… on doit pouvoir améliorer cela avec un peu de feutre et de mousse.

Le rapport poids / puissance (trois tonnes pour 78 CH) est évidemment à l'origine d'accélérations franche…ment molles et de reprises fulgurantes de lenteur ! Si la troisième décroche dans une côte un peu raide, on la finit à 30 à l'heure…. Mais on achète pas un TP3 pour ne pas voir le paysage et c'est la philosophie "camion" qui doit être adoptée : on conduit "au couple", en utilisant l'inertie au maximum (et il y en a !), sans trop se soucier des files de "petites voitures" qui vous doublent d'un saut de puce en jetant un regard curieux sur le "monstre" ( mais ça roule encore, ça ?!). Sur petites routes ou en montagne, on peut avoir intérêt à enclencher les 4 roues motrices et le réducteur, pour gagner en souplesse, en frein moteur… mais sans dépasser le 60 à l'heure !

En pratique, la vitesse de croisière s'établit vers 80 km/h (on peut faire plus, mais sans se parler !). Ce sera moins sur mauvaises routes car la suspension renvoie avec une fidélité sans faille les moindres irrégularités du sol. Et n'allez pas croire qu'à la moindre bosse on oscille de bas en haut, comme dans une 2 CH ; non, si un creux (passage à niveau par exemple) fait plier les lames un tantinet ver le bas, elles ont vite fait de vous ramener à leur position de repos, en un coup un seul… Impossible de parler conduite sans évoquer la direction. La croyez-vous lourde ? Et bien pas du tout, elle est in-croya-ble-ment lourde !! Y faut avoir des bras, ma p'tite dame… même quand on roule…

Alors, faut-il être maso ? Non, pour sûr. Car d'abord, c'est un plaisir sans mélange de circuler dans un engin à part, solide et beau comme un camion. Et quand on a pas le goût (ni les moyens !) de se faire remarquer dans une décapotable sport, c'est quand même agréable de voir, au moindre village, les regards converger vers "l'engin" : les gamins curieux (et enthousiastes si on leur joue un petit coup de sirène..), les garagistes -et les gendarmes !- qui apprécient en connaisseurs, les conducteurs de 4x4 qui jettent un regard envieux sur la hauteur de caisse depuis leur "petites" jantes chromées, sans parler des conducteurs de véhicules de collection de toute sorte qui vous font un appel de phare amical et convenu…

Le TP3 dans son élément : les chemins creux…

Mais surtout, le TP 3, aussi adapté à la route qu'un paquebot au cabotage, devient un vrai régal dès qu'on pose les crampons hors bitume et qu'on enclenche le pont avant et le réducteur. La direction s'adoucit (un peu !) sur un terrain moins adhérent, les suspensions, de fermes deviennent presque absorbantes, la première trop courte devient un atout en franchissement, les pneus de 900 et la garde au sol effacent sans forcer souches, fossés, pierraille, ornières… Seul le gabarit et le diamètre de braquage demeurent un handicap, mais on peut faire demi-tour presque partout ! Pour qui ne cherche pas la difficulté pour le plaisir, ni les circuits de trial du dimanche, mais souhaite s'aventurer sans crainte dans n'importe quel chemin pour y bivouaquer ou en sortir quelques stères de bois, il est clair que les limites du véhicule ne seront pas souvent atteintes, même sans treuil.

Jusqu'à 12 stères… mais pour préserver l'engin, ne pas en abuser.

Présentation générale
Historique
Technique
Conduite
Ce TP3-là

   
     


     
 
Pièces BMW d'occasion des années 70, 80 et 90.